Nombreux sont les coureurs ayant été touché par une tendinopathie. Aujourd’hui nous vous proposons de mieux comprendre cette pathologie et une approche pour gérer et résoudre ce problème qui vous gâche la vie.
La tendinopathie : un mal commun à beaucoup des coureurs
Longtemps considéré comme un simple processus inflammatoire, nous savons maintenant que c’est la charge imposée aux tendons qui joue un rôle principal.
Une de nos partenaires, kinésithérapeute du sport, Julien Reb, l’a défini très simplement :c’est tout simplement une sur-sollicitation !
Cette sollicitation peut être due à une augmentation des kilomètresparcourus, une augmentation soudaine des jours de course par rapport aux jours de repos, ou encore des changements dans l’entrainement tels que de la mise en place de fractionné ou travail de côte.
Nous n’allons rien réinventer dans cet article, mais tout simplement rediffuser les bonnes informations mises en avant par le physiothérapeute Australien Peter Malliaras afin que chaque coureur puisse mieux comprendre ce dont il souffre ou souffrira peut-être un jour.
De nombreux facteurs responsables de la tendinopathie du coureur
Divers facteurs de risque peuvent expliquer l’origine d’une tendinopathie. LA cause principale restant la sur-sollicitation du tendon provoquée généralement par un excès de certaines activités telles que :
- La course à pied, la corde à sauter, la marche sportive… bref toutes les activités qui demandent au tendon de stocker de l’énergie
- Toutes les activités qui exercent une charge comprimant le tendon
Certains facteurs prédisposant sont également à prendre en considération :
- Facteurs biomécaniques : Force musculaire…
- Facteurs systémiques : âge, ménopause…
Il est donc difficile d’échapper à la tendinopathie!
Comprendre et traiter une tendinopathie
Des dommages collatéraux, pas forcément inquiétant
N’ayez pas peur des mots !
Il est possible qu’à l’imagerie on vous annonce que vous avez une « pathologie tissulaire sévère » ou bien même « une déchirure », et là… c’est le drame !
Et bien non, ceci ne signifie pas que vous ne pourrez plus jamais faire de sport ou que vous n’irez jamais mieux ou bien encore que votre pronostic est mauvais. Les traitements actuels ont pour objectifs d’améliorer votre douleur et la fonction de votre tendon, plutôt que de traiter l’aspect du tissu et sa réparation.Cependant certains paramètres sont encore à étudier. De plus, nous savons que même avec les meilleures intentions du monde et les traitements les plus sophistiqués (exercices, infiltrations, etc), le tissu pathologique aura de forte probabilité de ne pas être modifier.
La modification de ces tissus ne sera en soit pourtant pas un problème pour continuer une activité sportive normale.
Tendinopathie et repos sont de faux amis
Le repos ne guérit que la fatigue.
La tendinopathie n’est en aucun cas une pathologie liée à votre fatigue mais bien à une sur-sollicitation. Se reposer aura pour conséquence d’améliorer la sensation de douleur, mais l’objectif pour reprendre une activité au plus vite n’est pas au repos mais bien à l’augmentation de la tolérance aux contraintes mécaniques.
Le repos ne guérit donc pas! En effet, les tendons ont besoin d’être progressivement mis en contrainte afin d’acquérir une meilleure tolérance au contraintes du quotidien. Sans ces stimuli, et dans la plupart des cas, la tendinopathie ne s’améliorera pas.
Afin d’adapter au mieux les contraintes aux facteurs individuels, il est très fortement recommandé de consulter un Kinésithérapeute du sport.
Les anti-inflammatoires pour une tendinopathie : efficace sur la douleur mais pas sur la réparation
Les anti-inflammatoires, bien qu’il ne semble pas y avoir d’évidence de notion d’inflammation à proprement parler, semblent apporter une aide lors du premier stade d’une tendinopathie (tendinopathie réactionnelle) et cela grâce à l’inhibition de la production d’une protéine responsable du gonflement du tendon.
Pour Tom Groom, physiothérapeute, spécialisé dans la prise en charge du sportif, l’ibuprofène semblerait être la molécule la plus adaptée pour cela et ne causant pas d’effet délétère sur la réparation du tendon. Bien évidemment, la prise d’anti-inflammatoires doit être prescrite et accompagné par un professionnel de santé compétent.
Néanmoins, si l’anti-inflammatoire n’aura pour but que de soulager « l’inflammation » , il n’engagera en aucun cas vers la voie sacrée de la guérison.
Décharger le tendon pour diminuer la douleur
Faire de l’exercice ne veut pas dire solliciter à outrance le tendon. Au contraire, c’est déjà à cause d’une sur-sollicitation que nous en sommes là.
Modifier les contraintes mécaniques en diminuant les contraintes de stockage et compression, pour un temps défini par votre kiné, semble être plus judicieux pour diminuer la douleur tendineuse.
Les traitements passifs seuls ne suffisent pas
Lorsque l’on parle de traitements passif, on parle de massage, ultrasons, des fameuses infiltrations ou encore des ondes de choc. Mais ces traitements ne sont, dans la très grande majorité des cas, que très peu efficace dans l’amélioration de la tendinopathie.
Les exercices doivent rester les ingrédients vitaux et les traitements passifs ne sont qu’un complément pour l’amélioration dans la voix de la guérison. Attention, des infiltrations multiples ont vraisemblablement des effets délétères et associés à de plus mauvais résultats.
Un accompagnement par un professionnel de santé compétent est nécessaire
Chaque individu étant différent, l’individualisation des exercices par un professionnel de santé est nécessaire.
Ces derniers sont basés sur la présentation douloureuse et fonctionnelle de chaque patient. Le thérapeute doit adapter sa prescription d’exercices en augmentant progressivement les contraintes afin de permettre d’atteindre les objectifs du « return to sport » du patient, tout en respectant sa réponse individuelle à la douleur.
S’armer de patience, une clé pour le coureur
Bien que vous ne retourniez pas directement à votre activité préférée aux risques de sur-blessure, nous l’avons vu les exercices vont être la meilleure des solutions pour la voix de la guérison.
Cependant il va falloir s’armer de patience, vous assurer que vos exercices sont effectués correctement et que la progression est optimale.
Il est, dans une grande majorité des cas mais pas dans 100%, préférable de résister à la tentation de passer par des raccourcis comme les infiltrations ou la chirurgie. Ces solutions, bien que pouvant apporter des solutions dans certains cas précis, ne sont pas forcément bénéfique et peuvent même parfois être néfastes.
A venir…
La science avance et comme nous pouvons le voir certains manière de travailler changent afin d’améliorer la prise en charge des patients par des professionnels de santé aguerris. Suivez notre blog, prochainement un article approfondie sur la tendinopathie est à venir avec comme sujets principaux les 3 phases d’une tendinopathie :
- La tendinopathie réactionnelle
- Le tendon remanié
- La tendinopathie dégénérative
Sources :
Abate M, Gravare-Silbernagel K, Siljeholm C, et al.Pathogenesis of tendinopathies: inflammation or degeneration? Arthritis Research and Therapy. 2009.
Cook J, Purdam C, Is compressive load a factor in the development of tendinopathy? British Journal of Sports Medicine, 2012
Littlewood C, Malliaras P, Bateman M, et al., The central nervous system–An additional consideration in ‘rotator cuff tendinopathy’and a potential basis for understanding response to loaded therapeutic exercise. Manual therapy, 2013
Malliaras P, Barton CJ, Reeves ND, Langberg H, Achilles and Patellar Tendinopathy Loading Programmes. Sports Medicine, 2013
Goom T, Tendinopathy – the importance of staging and role of compression, 2013