« Dans toute « quiche », en sport, sommeille un futur runner ! », nous.
Au fur et à mesure des interviews et des rencontres avec les runners (blogueurs ou non), on s’aperçoit que ce dicton (que l’on vient d’inventer) se confirme. Le running, c’est donc un peu le sport qui réconcilie tout le monde avec l’activité physique et ce n’est pas notre coup de cœur de mai qui va vous dire le contraire.
Aujourd’hui, on vous présente Runninglicious, une athlète qui nous propose un blog, condensé d’humour et de technique, qui pourra vous faire découvrir ou progresser dans le monde impitoyable du running et du triathlon sans prise de tête.
L’interview de Runninglicious : L’ex-quiche du running
Qui est-elle ?
Runninglicious en plein effort
Moi c’est Clémence, 35 ans , 3 enfants, et surtout ex-quiche en sport, qui s’est mise au running sur le tard il y a 3 ans. Avant, ma vie était un néant sportif, et aujourd’hui, je vis avec une Polar greffée au poignet, j’ai un porte-médaille planqué dans mon armoire et j’ai plus de paires de baskets que de paires de chaussures de ville.
Runninglicious, c’est aussi une athlète, ou plutôt maintenant une triathlète, marathonienne avec une jolie liste de courses réalisées depuis 2013 ( et on vous parle pas de courses au Super U du coin), une blogueuse qui nous montre que courir, être performante, ce n’est pas donné qu’à celle ou celui qui s’entraine depuis l’âge de 5 ans tout en nous faisant vivre des expériences décalées (genre courir en 2025).
Blogging by Runninglicious
Tu démarres ton blog en précisant que tu es une ancienne quiche, je n’ai jamais vu une quiche lorraine (enfin jurassienne pour toi) commencer à courir, cela donne quoi ? On démarre par l’élimination des lardons, des oignons ? Est ce qu’après quelques entrainements, on sent la transformation en un meilleur plat?
Une ancienne quiche qui se met à courir tend d’abord sur la tomate : je ressortais rouge comme une tomate de mes sorties, mais j’y trouvais un certain plaisir donc j’y revenais ! et après plusieurs sorties, c’est devenu un bonheur dont je ne pouvais plus me passer. Et puis j’ai commencé à épingler des dossards à mon t-shirt et là j’étais cuite… accro pour la vie !
Le nom Runninglicious, cela vient aussi de cette passion pour la cuisine?
Ça, c’était avant… je pouvais passer des heures à cuisiner, maintenant mon temps libre est consacré à mes sorties sportives. Donc moins je passe de temps aux fourneaux mieux je me porte !
Pourquoi as-tu décidé de partager ton expérience running sur le web? Qu’est ce que le running t’a apporté au départ? Et aujourd’hui?
La CAP m’a tellement apportée que j’ai commencé à écrire pour le partager au plus grand nombre et donner envie à mes lecteurs de sauter dans leurs baskets. J’ai un regret : avoir découvert les plaisirs du sport sur le tard, donc si raconter mes péripéties peut permettre à d’autres de découvrir les mêmes plaisirs que moi je dis OUI !
La CAP m’a permis d’être plus en harmonie avec mon corps: moi qui étais stressée j’ai trouvé dans la CAP un beau moyen de décompresser, j’ai changé ma posture : je me tiens plus droite, et ça m’a surtout apporté une vraie source d’épanouissement personnel ! Je me suis découvert une pugnacité dans l’effort que je n’aurais jamais soupçonnée.
Ce que j’aime plus que tout : me rentrer dedans, enchaîner des tours de piste à bout de souffle, terminer une course en sentant que j’ai souffert…
Question importante pour le futur runner , combien as tu perdu d’amis depuis que tu arrives à passer une soirée en parlant VO²Max, fractionné etc..?
Héhéhé … d’où mon blog justement ! J’ai vite compris que si je saoûlais tout le monde avec mes histoires de running j’allais en perdre en route… Donc j’écris sur une zone dédiée, une vraie liberté pour écrire tout ce qui me passe par la tête. Je n’ai pas perdu d’amis, j’en ai surtout gagné avec le running ! c’est une belle aventure sportive et aussi humaine.
Alors comme ça, on vole la vedette d’Adriana Karembeu, cela fait quoi de devenir en un instant une star internationale du running et de la mode? Tu en es où pour le contrat d’égérie avec Atol Opticien?
J’aurais surtout bien piqué la place d’Adriana sur la rubrique natation pour me retrouver avec ces beaux athlètes en mini-slip de bain. D’autant plus que maintenant je nage autant que je courais avant et j’aurais bien besoin de conseils de champion pour arrêter de nager comme une loutre à l’arrêt !
Une loutre après avoir entendu cette comparaison
On a appris par le magazine People qu’Adriana a sombré en dépression suite à cet épisode et regrette encore son choix d’aller faire un plongeon avec les champions en mini-slip… Un mot à lui dire?
T’inquiète Adriana, je pourrais jamais te piquer ton contrat avec Wonderbra, aucun risque…
Tu as couru en 2055 avec Marty Mc Fly et à priori cela ne t’a pas beaucoup plus. Cet article c’est juste un délire ou une réflexion philosophique sur les dérives du marketing running?
Quand je cours, je pense. Et quand je pense en courant je pense deux fois plus, je ne suis plus toute seule dans ma tête et mes pensées sont sans limite, donc parfois très high-fly ! Cet article est le fruit de mes pensées tordues sur une de mes sorties hivernales, je suis passée devant l’hôtel de ville de Neuilly et là c’est parti… ( je suis une inconditionnelle de Mac Fly et du Doc !).
On a découvert Jacky le runner en lisant ton blog… C’est un hommage à un certains types de runner?
Je me suis inspirée des runners observés lors de mes sorties, mais surtout de mon expérience ! On a tous un côté Jacky en nous, et j’aime beaucoup mon Jacky…
D’ailleurs j’aimerais bien le faire renaitre un de ces quatre : Jacky le trailer, Jacky le triathlète, Jacky le cycliste… Il y aurait pas mal de choses à raconter je pense…
Le run qui a lancé ta carrière de runneuse et de blogueuse, est une imposture… Tu sembles beaucoup souffrir d’avoir volé ton temps lors de la Parisienne 2013, qu’est ce qui te permettrait de te soulager de cette culpabilité?
Faire ce chrono !! J’ai tenté de m’en rapprocher en m’alignant sur le départ de La Parisienne l’année d’après mais je suis partie dans la masse des 35000 runneuses, ça a été un vrai poggo géant pour tenter de remonter des places… cette course n’est définitivement pas faite pour les RP, sauf si tu pars avec les championnes devant !
Just run with Runninglicious
Tu cours en club depuis la naissance de ta nouvelle passion running . Sachant qu’environ 20% des runners abandonnent le running durant la première année, penses tu que d’être en club t’a permis de mieux courir tout en étant plus motivée?
Je ne me serais pas accrochée à la course à pieds si je n’avais pas eu la chance de tomber sur mon club Free Runners : c’est à lui que je dois tout ! Je m’y suis préparée pour mon 1er marathon, et j’y ai fait de belles rencontres. Courir en club c’est 90% de motivation en plus, ça permet de rendre collectif ce sport, à la base individuel.
Tu fais de la route, de la piste, du cross mais peu de trail même si tu avoues être très tentée par celui ci. Pourquoi?
Le trail me fait rêver ! mais c’est en en préparant un (La Saintélyon) que je me suis blessée cette année. Mais oui, j’ai envie de montagne, de CCC, du marathon du Mont Blanc… j’espère y revenir vite et je n’aurais pas trop le choix car courir sur bitume n’est pas fait pour moi.
Tu as pas mal d’objectifs pour cette année, tu nous en parles?
Ouh, tu touches un sujet sensible là… Beaucoup d’objectifs qui se sont transformés en rendez-vous loupés en fait… J’ai tiré une leçon de toute façon : ne plus jamais céder à la frénésie du dossard en sortant d’une course, c’est comme ça qu’on risque le surentraînement, en multipliant les objectifs. Car non, on ne peut pas être 365 jours par an en prépa marathon, ou alors c’est la blessure assurée.
À quelle fréquence t’entraines-tu actuellement ? Est-ce que c’est par rapport à la préparation d’une course en particulier ?
Avant de me blesser j’avais poussé l’entraînement à 5 séances minimum par semaine dont du biquotidien, mon corps a dit stop et je le paie encore.
Je me suis tournée à contre cœur vers la natation, seul sport porté qui m’était autorisé et j’y ai vraiment pris goût, ce qui m’a amené à faire mon 1er triathlon en avril au Cannes International Triathlon : une super découverte, j’ai adoré la triple discipline ! Je m’étais interdit d’accrocher à ce sport avant quelques années (trop chronophage !) mais je crois que le mal est fait…
Les organisateurs du marathon de Paris ont reçu des plaintes de la part de certains coureurs qui aurait été poursuivis par une coureuse qui semblait faire un bruit de vache asthmatique … Est ce que tu as travaillé pour réduire le bruit ou est ce que tu considères que cela partie de ton style de course, de marque de fabrique?
C’est mon style à moi ) ça me fait toujours marrer de voir les gars de devant se retourner… et c’est aussi mon signal d’alarme qui me dit : Hey Clem, tu vas trop vite là, fais baisser le cardio ou tu vas finir cuite !
Quel est…
- Ton pire moment run : Un run matinal douloureux de novembre ou j’ai compris que j’avais trop forcé et qu’une pause forcée m’attendait
- Ton meilleur moment run : mon 1er marathon, et mon 2ème aussi, en fait toutes mes courses avec dossard… grisant !
- Ton moment run le plus drôle : Mes sorties imaginaires avec Jacky le runner. On s’ennuie jamais avec Jacky.
Le run, le boulot, la vie de famille, pas trop dur de concilier tout cela quand on est une championne?
La seule solution : se lever aux aurores ! c’est dur sur le coup mais tellement bon ces early runs !
Niveau alimentation, tu t’astreins à un régime particulier?
Ah non ! pratiquer un sport c’est aussi avoir le droit de se faire plaisir sans complexe. Je fais justement plus attention à bien donner à mon corps. Depuis ma blessure, je tends vers une alimentation « alcaline » : j’évite les aliments trop acides qui sont des nids à blessures…
Parlons un peu de natation, a priori tu as eu de nombreux problèmes lors de ta première escapade piscine mais tu as quand même persévéré… Est ce que de nager a eu un impact à court et à long terme sur ta pratique de la course à pieds?
Ah ça… je peux te dire que j’ai bien hâte de voir le gain sur la CAP ! Je suis persuadée que l’entraînement croisé a du bon, j’espère gagner en respiration (finie la vache asthmatique sur course ?). Et ce qu’il y a de sûr, c’est que c’est moins traumatisant pour le corps. Dès que je pourrai reprendre un entraînement en course à pieds, je garderai 1 à 2 séances de natation hebdo, en remplacement des sorties footing.
Si je n’avais pas eu cette tuile jamais je ne me serais tournée vers la natation (et le triathlon !) , c’est une vraie découverte et je suis super heureuse dès que je suis dans ma pistoche. C’est dur, exigeant, ultra technique et précis donc la progression est longue, il faut être patient mais ça vaut tellement le coup ! Chaque séance de natation me permet de mieux comprendre les gestes, je suis fan… Je nage encore très mal, en mode Mamie, mais je m’accroche.
Au fait depuis le pamphlet sur la natation, tu as appris à vraiment nager 😉 ? (bref nager le crawl ).
Écoute, c’est pas encore ça mais ça progresse ! Je me suis surprise sur mon 1er triathlon à faire mon km en mer 100% en crawl, sans aucun style et à mon rythme mais je l’ai fait ! j’étais aux anges, c’était mon challenge de revanche sur tous mes objectifs loupés !
Runninglicious et l’équipement running
Au niveau équipements quels sont tes critères de choix?
Hors de question d’investir des mille et des cents, je me fous de ne pas avoir le top assorti à la couleur de mes chaussures. Par contre, j’ai investi dans une belle montre GPS, un vrai coach dont je me sers tous les jours, qui m’aide à progresser. C’est tout sauf un gadget.
Au niveau chaussures, Plutôt maximaliste ou minimaliste ? Pourquoi?
Franchement, je n’y connais rien, plutôt minimaliste mais pas à l’extrême. Je préfère investir dans un coaching efficace plutôt que des baskets, ce ne sont pas elles qui courent à ma place… Je m’intéresse de plus en plus à la foulée médio-pied car je pense qu’il y a des appuis intéressants à aller chercher pour être plus efficace et moins traumatisant pour le corps.
As-tu rencontré des difficultés dans tes choix de matériel, ou bien as-tu fait de « mauvais » choix ?
Oui, un mauvais choix de taille de baskets lors de mes 1er achats, j’avais pris trop petit car je n’étais psychologiquement pas prête à prendre une taille au dessus et donc de passer le cap du 40. Moi faire dur 41 ? jamais !
Ça c’est une aberration du Running que je n’ai jamais comprise : tu chausses du 38 en ville, il faut que tu prennes du 39 en Running. OK…Donc ça veut dire que personne n’achète sa pointure de ville en Running ? Si un 38 Ville correspond à un 39 Running, pourquoi le 39 Running n’est pas le 38 Running ?? Tu me suis ?
( euh…. plus trop là… Jackie le runner aurait il fait sa première apparition de l’interview?)
Bref, autant rester sur nos pointures de base, ça évitera à un grand nombre d’acheter des chaussures trop petites.
Sur ton blog, on te voit souvent en Kalenji, qu’est ce qui te plait dans cette marque et dans leurs produits? Serais tu prêt à changer du jour au lendemain à tromper Kalenji pour un autre produit encore plus adapté à ton profil de course?
Kalenji c’est du super produit : un concentré de R&D dans une chaussure à prix accessible. Le meilleur rapport qualité-prix pour moi. Mais je ne suis pas mono-marque, j’ai aussi du Adidas, du Asics, Mizuno… J’essaie de ne pas céder aux pressions du marketing dans le choix de mes chaussures mais de faire confiance à mes sensations !
Tu as connu la blessure. Crois tu que cela soit dû même en partie à ton matériel de course?
Oui mais pas que… et ce qui est « clé » dans une blessure c’est de comprendre pourquoi elle est arrivée et comment l’éviter ! Pour moi, c’est surtout : surentraînement, zéro étirement, mauvaise posture.
Au niveau psychologique et physiologique, comment as tu réussi à dépasser la blessure et tous les sacrifices liées à celle-ci ?
Je suis en vie, j’ai toujours mes 2 jambes, il y a pire… mais c’est vrai que malgré tout, c’est dur dur les premiers mois ! Je dois beaucoup à la natation, sans mes séances de piscine je serais devenue une ex-runneuse aigrie et reloue !
Le mot de la fin de Runninglicious:
Que conseillerais-tu aux débutants pour qu’ils se lancent dans l’aventure running?
Y aller step by step, se fixer des objectifs de course sympa (mais pas un semi direct hein !) et surtout s’entraîner en groupe ! Vivre la magie d’une course, c’est vraiment un super moment qui donne envie de continuer et de se fixer de nouveaux objectifs.
Le concept fitmyrun tu en penses quoi?
On a tous besoin de conseils dans le choix de nos équipements, c ‘est ce qu’on va chercher en demandant aux copains, ou en magasin.
Là ce qui est intéressant c’est que ce sont des conseils objectifs qui tiennent compte de tes spécificités santé à toi, de ton budget, de tes goûts et de ta pratique. Et à l’heure ou l’on achète de plus en plus sur internet, je pense que c’est clé d’avoir un guide pour que nos choix se fassent sur les bons critères !
A quand fitmyswim, fitmytri, fitmybike, parce que là aussi on a vraiment besoin d’aide, surtout dans ces sports ou le matériel est encore plus clé !
Merci à Runninglicious. Vous pouvez la retrouvez sur son blog, instagram, facebook et twitter.