En décembre, nous avons sombré dans la folie Lilloise et vécu le parcours de Daddy The Beat traileur de l’extrême sur plat. Pour démarrer l’année, nous allons vous présenter Greg Runner .
Il y a quelques années, il est à l’origine avec d’autres runners blogueurs du projet Runnosphère qui a permis la création d’une vraie communauté de runners sur le web. Il a compris très tôt que le running sur le web, c’était une famille et qu’il fallait mettre en avant les gens qui font bouger le running sur la toile.
Outre les comptes rendus de courses et entrainements, vous trouverez sur son blog de nombreux tests très facile à lire mais surtout une chose assez rare : des podcasts avec des interviews de coureurs chevronnés, des tests, des présentations de courses, etc…
Bref, un blog vraiment très complet !
Mais Greg Runner est avant tout un coureur polyvalent courant des distances allant de 10 à 100kms sur toutes surfaces et ayant atteint un niveau de performances plus qu’honorable.
Nous vous laissons le découvrir via cette interview 😉
Découvrez notre coup de coeur running : Greg Runner !
Salut Greg, rappelle nous un peu qui tu es :
Blogueur course à pied et trail depuis 5 ans, je pratique des courses de 10kms à 100kms, tant sur route qu’en trail. Je blogue pour partager avec d’autres passionnés de course, mais aussi pour faire des rencontres.
Avec d’autres blog-runners, j’ai créé la Runnosphère, une communauté de blogueurs de course à pied et de trail de tout niveau. Aujourd’hui, j’ai passé le flambeau, mais je suis toujours membre de cette association, et je me rends avec plaisir aux Pasta Running Parties qui ont lieu chaque dernier jeudi du mois et qui permettent de rencontrer des passionnés de course à pied et de trail, des blogueurs, de marques et des athlètes.
Comment as tu découvert le running ? Puis le trail ?
Je cours depuis toujours.
Je suis sportif depuis tout petit et j’ai fait une fac de sports. La course à pied me permettait d’entretenir mon endurance. Puis, quand j’ai commencé à travailler, je suis devenu sédentaire. Je travaillais beaucoup et j’ai pris beaucoup de poids. Une photo en maillot de bain m’a mis une claque et j’ai aussitôt décidé de refaire du sport.
La course à pied était le sport idéal vue mon agenda, et j’ai décidé de m’inscrire au semi de Paris. Depuis, des kilomètres ont été parcouru.
Qu’est ce que le running t’a apporté quand tu as commencé ?
Tout d’abord, le running m’a permis de retrouver la forme.
Ensuite, ça permet de déconnecter, de me retrouver avec moi-même. Souvent, je cours le matin et ça permet d’oxygéner le cerveau et d’arriver à 100% au boulot.
Quel est ton meilleur souvenir running ?
Toutes les courses auxquelles j’ai pris part sont d’excellent souvenir. Mais si je dois en ressortir une de lot cette année, c’est l’Ecotrail 80km.
Je n’étais pas en grande forme, et j’ai fait une grosse partie de la course avec mon ami Philippe aka Jahom. Nous avons fini avec un beau chrono, au 2ème étage de la Tour Eiffel. Cette arrivée permettait de rompre le mauvais sort de mon abandon sur la course l’année d’avant. (L’article de cette course ici)
Quel est ton pire souvenir running ?
Je ne parlerai pas de pire souvenir mais d’expérience très particulière. Pour moi, ce serait l’Odysséa de Dijon.
Ce qui était bizarre, c’était d’être sur une course qui n’en n’était pas une. On a eu le droit à un départ, mais on n’avait pas le droit de courir vite sur le premier kilomètre. Un truc un peu loufoque.
Pour moi, sur une course on se donne à fond et puis c’est tout. Sinon, on se fait une session footing et puis voilà!
Comment trouves-tu la motivation sur certaines courses très difficiles ? As-tu connu l’abandon ? Comment bien le vivre ?
La motivation provient de l’objectif que tu te fixes.
Pour ma part, je ne participe qu’aux courses qui me font envie. Le but est de se faire plaisir avant tout. Ensuite, je suis un compétiteur, et je me fixe des objectifs de performance : soit de finir, soit un classement, soit un chrono.Mon premier marathon, j’avais poussé un peu trop la machine, et j’avais des crampes comme je n’en avais jamais eues (Le récit) : J’ai franchi la ligne d’arrivée mais je me suis promis de ne plus me mettre en danger.
J’ai fait un seul abandon dans cette logique: mon premier Ecotrail. J’avais mal au genou, et j’ai eu des débuts de crampes au KM25. J’ai essayé de gérer, mais au KM50, j’ai préféré arrêter.
D’une part, je n’avais plus l’envie, mais surtout, j’avais mal au genou et je ne voulais pas l’abîmer et me blesser (Le récit de cet abandon).Moins d’un mois après, je terminais le trail de Yonne 85km à la 4ème place .
Greg Runner et son blog
Comment t’es venu l’idée de partager sur un blog ta vie de runner ?
Cette envie est venue très rapidement. J’aime partager, échanger et faire des rencontres. Le blog est un excellent vecteur.
Cinq ans après mon premier article, je continue de faire de très belles rencontres.
Aujourd’hui, tu es devenu un blogueur influent et très suivi par la communauté, une recette magique pour développer cette notoriété ?
Je pense qu’il faut avant tout être passionné.
Il faut savoir donner, sans pour autant attendre quelque chose en retour. Les rapports doivent se faire donnant-donnant.
Il faut savoir rester le plus objectif possible, ce qui, je l’avoue n’est pas toujours facile quand on parle d’un sport qui est dans son cœur. Mais si on est honnête, les lecteurs restent fidèles.
Jamais eu de moment où le succès t’es monté au cerveau ?
Parler de succès me fait rire. Mon blog n’est rien. On pourrait me parler de succès si je remportais une médaille d’or olympique. Mais je n’ai pas encore réussi à remporter cette breloque (sauf dans mes rêves les plus fous). Non franchement, pas de prise de tête. C’est une passion, c’est tout !
Malgré tout, est-ce que la réussite de ton blog auprès de la communauté a eu un impact sur ta relation avec les marques ? Quelles sont leurs demandes ? Des projets en cours ?
Quand tu as un blog, au début, tu essaies de mettre en place des choses avec les marques qui te plaisent. Puis, quand ton blog dure dans le temps et que tes articles sont lus, ce sont les marques qui te contactent. Et parfois, je refuse des produits parce que je n’aurai pas le temps de les tester ou parce que je sais que le produit ne me conviendra pas.
Mais généralement, le deal reste souvent le même : les marques proposent des produits, je les teste et s’ils me plaisent, j’en parle.
Parfois, les marques m’invitent sur des événements, comme aller en suède pour rencontrer les équipes produit au siège international de Suunto. D’autre m’invitent sur des courses pour tester directement leurs produits. Et c’est vrai que c’est très sympa.Ça permet de faire certaines choses que je ne pourrais pas faire avec un budget running classique.
Alimentation, testing, conseil
Sur une de tes photos Instagram, on tombe sur une image d’un petit déjeuner avec un graine de Chia… Tu suis un régime particulier?
Je ne suis pas de régime particulier. Disons que je suis un régime équilibré.
Après, quand on fait de l’ultra, il faut être vigilant avec ce qu’on mange pour éviter les carences, les baisses de régimes. Comme j’ai souvent des objectifs de performance, l’alimentation permet de récupérer rapidement courses et des entraînements que je fais.
Au niveau équipement, comment effectues-tu ton choix ? As-tu rencontré des difficultés dans tes choix, ou bien fais-tu de « mauvais » choix ?
Au début, j’ai souvent eu de mauvaises surprises. Mais avec l’expérience, cela arrive de moins en moins. Comme la course à pied est un sport qui explose, les produits sont de plus en plus performants et en sélectionnant bien, on arrive à trouver le matériel idéal.
Plutôt maximaliste ou minimaliste ? Pourquoi ?
Je tends plus vers le minimaliste. J’ai essayé les deux et c’est ce qui me convient le mieux dans mon évolution de coureur.
Tu testes énormément de produits, aussi divers que variés. Comment as-tu développé les compétences pour t’assurer de bien le faire ? Même si tu précises que ces tests correspondent à ton profil, n’as-tu pas peur d’influencer certains néophytes ?
J’essaie surtout d’apporter des réponses à des personnes qui se posent des questions sur leur équipement. Avec tous les produits qui existent, il peut être difficile de s’y retrouver.
Et si je peux orienter les néophytes dans leurs choix, c’est tant mieux !
Si tu avais un conseil à donner pour être un bon testeur produits running ?
Les tests produits doivent être fait comme on aimerait les découvrir sur ses blogs préférés. Et si on peut apporter une touche personnelle, c’est top !
Les blessures en running, comment vivre pendant et après ?
Nous avons vu que tu avais été blessé un petit moment : quel type de blessure ? As-tu consulté pour cette blessure ? Est ce que cela eu une influence sur ton choix de matériel par la suite ?
J’ai été blessé quand j’ai commencé la course à pied, au niveau des mollets, puis en me préparant pour mon 1er marathon. Cela m’a permis de restructurer mes entraînements. Depuis ces 4 dernières années, je ne me suis plus blessé.
Comment as-tu vécu cette période sans courir et comment as-tu trouvé la force de redémarrer ? Au football, on dit souvent que les joueurs ne pensent plus qu’au risque de blessure , est-ce que tu y penses souvent sur tes runs ?
C’était frustrant de ne plus pouvoir courir. Mais j’en ai profité pour faire des rencontres, pour écouter les expériences et développer mon blog.
Aujourd’hui, je cours sans musique pour écouter tous les signaux que m’envoie mon corps. Cela permet d’anticiper les blessures et de corriger ce qui ne va pas (changer de chaussures, retravailler la foulée, modification sur le plan alimentaire…).
Le running et la vie de famille, compatible ?
Après cela tu es devenu papa, pas de problème d’organisation ? Tu as réorienté ta pratique vers des courses courtes, est ce que cela a modifié ton approche et ta vision de la courses à pied ?
Pour ma fille, la première, je ne savais pas comment j’allais m’organiser. Du coup, j’ai organisé ma saison en n’effectuant que des 10km et des semis. Depuis janvier, je suis à nouveau papa. C’est un peu plus dur. Je blogue moins, et j’ai plus de mal à m’entraîner.
J’ai quand même pu faire de belles courses avec un Ecotrail 80km, un marathon de Bordeaux, une Maxirace, un 80km du Mont Blanc et une CCC pour les courses marquantes de ma saison.
En 2016, l’organisation familiale sera rodée, et je pense que ce sera une belle saison bien pleine pour moi, avec plein de belles aventures à partager.
Et pour finir …
Que conseillerais-tu aux débutants pour qu’ils se lancent dans l’aventure running?
Ecouter son corps, prendre le temps de faire les choses bien et ne pas griller les étapes. Cela évite les blessures, les déconvenues et les déceptions, et cela permet surtout de se faire un max de plaisir.
Comme tu le sais, nous sommes en train de développer le service Fitmyrun. Sur le papier, qu’est-ce que cela t’inspire ?
Fitmyrun ne peut être que bénéfique au coureur, à condition que les contenus soient qualitatifs. Ce qui est difficile, c’est qu’une chaussure peut être excellente pour un coureur et très mauvaise pour un autre.
Fitmyrun sera sans aucun doute une grande réussite s’il permet de prendre en compte ce critère. En tout cas, je vous souhaite d’avoir ce succès alors bon courage à toute l’équipe.
On te remercie Greg Runner pour cet interview et on continuera à suivre ton blog avec attention. Bonne chance pour l’année 2016 !
On vous invite à suivre Greg Runner sur son blog, sa page Facebook, Twitter mais aussi sur son compte Instagram pour faire un maximum de découvertes running.